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Printemps 2009 Que vas-tu élaguer et que vas-tu laisser fleurir ?

MISE A FEU

« Attise ton feu de printemps ! »

BURN-IN  en salle, le  mercredi 25 mars 09

 

  • A la rencontre de l’autre
  • Paroles de feu sur  ce que tu vas élaguer
  • Paroles de feu sur ce que tu vas laisser fleurir
  • Conte pour la nuit
  • « Abraço »

« Vis ton feu de printemps ! »

BURN-IN en plein air : annulé pour cause de mauvais temps dans la nuit du vendredi 17 au samedi 18 avril 09

ETINCELLES

Le Petit Prince et sa rose

CHAPITRE VIII
J’appris bien vite à mieux connaître cette fleur. Il y avait
toujours eu, sur la planète du petit prince, des fleurs très
simples, ornées d’un seul rang de pétales, et qui ne tenaient
point de place, et qui ne dérangeaient personne. Elles apparaissaient
un matin dans l’herbe, et puis elles s’éteignaient le soir.
Mais celle-là avait germé un jour, d’une graine apportée d’on ne
sait où, et le petit prince avait surveillé de très près cette brindille
qui ne ressemblait pas aux autres brindilles. Ça pouvait
être un nouveau genre de baobab. Mais l’arbuste cessa vite de
croître, et commença de préparer une fleur. Le petit prince, qui
assistait à l’installation d’un bouton énorme, sentait bien qu’il
en sortirait une apparition miraculeuse, mais la fleur n’en finissait
pas de se préparer à être belle, à l’abri de sa chambre verte.
Elle choisissait avec soin ses couleurs. Elle s’habillait lentement,
elle ajustait un à un ses pétales. Elle ne voulait pas sortir toute
fripée comme les coquelicots. Elle ne voulait apparaître que
dans le plein rayonnement de sa beauté. Eh ! oui. Elle était très
coquette ! Sa toilette mystérieuse avait donc duré des jours et
des jours. Et puis voici qu’un matin, justement à l’heure du lever
du soleil, elle s’était montrée.
Et elle, qui avait travaillé avec tant de précision, dit en bâillant
:
– Ah ! Je me réveille à peine… Je vous demande pardon…
Je suis encore toute décoiffée…
Le petit prince, alors, ne put contenir son admiration :

– Que vous êtes belle !
– N’est-ce pas, répondit doucement la fleur. Et je suis née
en même temps que le soleil…
Le petit prince devina bien qu’elle n’était pas trop modeste,
mais elle était si émouvante !
– C’est l’heure, je crois, du petit déjeuner, avait-elle bientôt
ajouté, auriez-vous la bonté de penser à moi…
Et le petit prince, tout confus, ayant été chercher un arrosoir
d’eau fraîche, avait servi la fleur.

Ainsi l’avait-elle bien vite tourmenté par sa vanité un peu
ombrageuse. Un jour, par exemple, parlant de ses quatre épines,
elle avait dit au petit prince :
– Ils peuvent venir, les tigres, avec leurs griffes !
– Il n’y a pas de tigres sur ma planète, avait objecté le petit
prince, et puis les tigres ne mangent pas l’herbe.
– Je ne suis pas une herbe, avait doucement répondu la
fleur.
– Pardonnez-moi…
– Je ne crains rien des tigres, mais j’ai horreur des courants
d’air. Vous n’auriez pas un paravent ?
« Horreur des courants d’air… ce n’est pas de chance, pour
une plante, avait remarqué le petit prince. Cette fleur est bien
compliquée… »
– Le soir vous me mettrez sous globe. Il fait très froid chez
vous. C’est mal installé. Là d’où je viens…

Mais elle s’était interrompue. Elle était venue sous forme
de graine. Elle n’avait rien pu connaître des autres mondes.
Humiliée de s’être laissé surprendre à préparer un mensonge
aussi naïf, elle avait toussé deux ou trois fois, pour mettre le petit
prince dans son tort :
– Ce paravent ?…
– J’allais le chercher mais vous me parliez !
Alors elle avait forcé sa toux pour lui infliger quand même
des remords.
Ainsi le petit prince, malgré la bonne volonté de son
amour, avait vite douté d’elle. Il avait pris au sérieux des mots
sans importance, et était devenu très malheureux.
« J’aurais dû ne pas l’écouter, me confia-t-il un jour, il ne
faut jamais écouter les fleurs. Il faut les regarder et les respirer.
La mienne embaumait ma planète, mais je ne savais pas m’en
réjouir. Cette histoire de griffes, qui m’avait tellement agacé, eût
dû m’attendrir… »

Il me confia encore :
« Je n’ai alors rien su comprendre ! J’aurais dû la juger sur
les actes et non sur les mots. Elle m’embaumait et m’éclairait. Je
n’aurais jamais dû m’enfuir ! J’aurais dû deviner sa tendresse
derrière ses pauvres ruses. Les fleurs sont si contradictoires !
Mais j’étais trop jeune pour savoir l’aimer. »

 Le Petit Prince , Antoine de Saint-Exupéry, Chapitre VIII,

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