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Automne 2013 Ose récolter et goûter les fruits de tes rencontres

MISE A FEU

BURN-IN®  en parole et en écriture En salle /Centre Ste Ursule le 25 septembre 2013 (6 personnes)

Ose récolter et goûter les fruits de tes rencontres

  • savourer la substantifique moelle de tes rencontres fortuites
  • te délecter des arômes et des saveurs de tes relations vivifiantes
  • te déguster toi-même comme un grand cru ou un élixir précieux
  • goûter un peu au fruit divin de tes entrailles

BURN-IN®  sans parole et dans la nature, autour d’un feu :  Dans la soirée du 4 octobre 2013, sur les rives  du lac de Gruyères, entre Corbières et Morlon ( 4 personnes)

Ose récolter et goûter les fruits de tes rencontres

Dent de Broc se reflétant dans le lac de Gruyère

De notre lieu de rencontre, vue sur la Dent de Broc se reflétant dans le lac de Gruyère

  • savourer la vie minérale, végétale, animale et goûter ta rencontre avec le feu
  • te régaler de chacune des couches de  “poupée russe” qui te constituent 
  • les désemboiter une à une, avec l’aide du groupe, pour mieux…
  • te déguster toi-même comme un grand cru ou un élixir précieux
  • te délecter enfin du fruit divin au coeur du coeur de tes entrailles

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FLAMMES

J’entends aujourd’hui le ramdam continu

De Dame Pluie sur notre toit pentu.

Elle me souvient de notre BURN-IN autour du feu

Et j’en ai des étincelles dans les yeux !

J’entends en moi encore

Ces vibrations sonores

Qui émeuvent les entrailles :

Celles de ces deux cors des alpes,

Au bord du lac, en contrebas,

Qui dialoguaient en notes d’ amants aimants !

Voilà le comité d’accueil

Que la Vie nous avait préparé !

Quoi de mieux pour quitter notre mental

Et, pour, à leur rythme envoutant,

Epouser la Terre, à pieds nus ?

Je nous vois marcher en équilibre

Sur les 2 souches au bord du chemin

Et nous rencontrer au milieu, sur le tronc coupé :

Si la première rencontre fut un habile croisement

La deuxième fut une longue embrassade

Et la dernière, un fort enlacement !

Je nous sens nous charger d’énergie

En prenant dans nos bras les puissants arbres élancés

Qui nous ont séduits et attirés.

Je perçois encore la force tripale

De l’arche de vie, formée par deux arbres

De chaque côté du chemin

Et où l’Homme et la Femme

Ont pris appui de tout leur dos

Et se font face en silence,

Dans la nuit tombante !

Et que dire de notre rencontre des longs roseaux ?

Du premier contact de nos mains avec le lac et son l’eau ?

De la belle Dent de Broc

Qui, du brouillard, se dégagea…par le haut ?

A nous d’étrenner un foyer tout neuf

Bien disposé entre l’arbre et l’eau !

Et notre feu de crépiter et de pétiller

Grâce à nos petits bois secs apportés,

Puis de chauffer ardemment

De la puissance des grandes bûches d’hêtre

Que notre Grand sage souriant avait amenées

Et ce fut notre lent dépouillement

De nos couches d’enfermement,

Notre lente descente…non en enfer

Mais aux portes du paradis :

Danse de nos mains,

Flammèches vivantes au-dessus du feu,

Chant du coeur en vocalises improvisées

Sur le tapis sonore

De nos percussions buccales,

Voix cristalline

De notre unique présence féminine,

Danse des pieds dans un rythme endiablé

Du Cap Vert qui a, l’un de nous, subjugué.

Délicieuse symphonie concertante

Sur nos voix haletantes

Qui dans l’expire

Devinrent Souffle incarné !

Chacun de nous dans sa propre sincérité

De sa jeunesse

De yogi dénudé, en position de lotus

Ou de sa vieillesse,

De vaillant montagnard, en polaire foncée

Le tintement des cymbales du Tibet

Qui n’en finit pas de s’évanouir….

Et enfin le long et bon silence PLEIN

Dans le doux ronronnement du feu

Et le bruissement des poissons

Faisant leurs cabrioles hors de l’eau

Dans la profonde nuit.

Et Dame Pluie vint

D’abord en quelques grosses gouttes

Puis frappa plus fort

Et ricocha, avec un son presque métallique

Sur sa Soeur Eau-du-lac encore endormie

Nous lui firent place

Et après nous être mutuellement goûtés

Dans un chaleureux câlin d’éternité,

Nous voila, avec nos lanternes allumées,

Revenant parés

Pour vivre intensément

L’automne dépouillant, dépouillés.

Josy / 10.10.2013

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ETINCELLES

  • Fruits de la rencontre avec  l’autre

Je commence à paniquer, lorsque nous entrons dans une chambre où était étendu sur un lit un corps inerte aux membres immenses…..J’étais sur le point de m’enfuir à toute allure, lorsque je vois la directrice s’approcher du lit, saisir dans ses bras ce cadavre vivant et le serrer contre son cœur. Elle adresse alors un sourire éblouissant de tendresse au visage pendu à son épaule. L’homme a un tressaillement, un éclair de vie le traverse, la bave ne coule plus, le visage perd son rictus et se sérénifie, les yeux ne roulent plus mais restent doucement fixés sur le regard penché sur son lit…et elle de me dire : « Regarder, il devient beau ! » Et elle avait raison, cette femme, le rayon d’amour intense échappé de son cœur était arrivé à toucher l’âme enfouie dans les profondeurs secrètes…

Plus un humain se trouve enfoncé dans une déchéance physique ou morale, plus il a besoin d’une intensité d’amour pour faire jaillir en lui le meilleur de son humanité.

Sœur Emmanuelle, Revue Terre du ciel, janvier/février 2000

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Mon amie n’a qu’une dent…Elle avance avec peine en s’appuyant sur sa canne et chaque pas semble lui coûter des trésors d’ingéniosité pour coordonner l’activité de tous les os …

Mais lorsque nous nous apercevons de loin l’une l’autre, un miracle a lieu. Tout ce qui en elle signalait navire en perdition, naufrage, se trouve effacé. Celle qui prend mes mains entre les siennes puis promène un doigt hésitant sur mon visage comme pour s’assurer que j’existe vraiment là devant elle et qui balbutie une litanie d’amour est une autre.

Sur-le-champ je suis avec elle à l’intérieur même de l’adoration, au cœur du fruit, dans l’amande du noyau, et lorsque nous nous quittons deux minutes plus tard- car que nous dirions-nous de plus ?- nous sommes elle et moi, neuves, hardies, pleines comme deux pis gonflés de lait.

Christiane Singer, Rastenberg

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Nous avons tous parfois fait l’expérience de rencontrer une personne absolument sans peur. Une telle rencontre représente- chaque fois qu’elle se produit- un moment sacré. Lorsque vous assistez à une telle rencontre et que vous sentez que vous n’avez pas peur, vous ressentez un courant chaleureux d’amour. Aussi bien pour vous que pour votre entourage. Vous êtes en contact avec ce que vous êtes destiné à être. Votre vrai Moi.

Kay Pollak, Aucune rencontre n’arrive par hasard

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Le regard partagé : Une danse visuelle interactive

L’échange des regards « est peut-être l’action réciproque la plus directe qui puisse exister », un instant fugace qui instaure un espace commun, une proximité éphémère, mais pendant lequel il y a un échange : L’acte même par lequel le regard cherche à découvrir son objet, le livre ici à ce dernier…on ne peut prendre par le regard sans se donner aussi soi-même. »

Daniel Marcelli, Les yeux dans les yeux, l’énigme du regard, page 108

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Aujourd’hui…Dieu est là dans l’entre-deux des regards, lorsqu’on s’aime vraiment, lorsqu’on est débordant de tendresse pour l’autre

Stan Rougier, A Dieu, Yvan, Revue Terre du ciel, juillet / août 99

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Ma vie consiste à devenir Celui qui aime, ma vie consiste en une rencontre éternelle avec l’autre là-bas jusqu’à ce que l’ici et le là-bas n’existent plus. Cela n’est possible qu’en renonçant à qui je crois être pour laisser toute la place à Qui est de toute façon dès le début. Et Son regard est un regard d’amour qui transforme tout le là-bas en ce qu’il est en vérité : Une expérience d’amour. La vie est une éternelle rencontre.

Bertrand Coquoz, La vie est une éternelle rencontre

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Vous êtes la Vie s’exprimant à travers votre corps, votre mental et votre âme. Une fois que vous aurez découvert cela, pas par la logique ni par l’intellect, mais en sentant cette Vie, vous réalisez que vous êtes la force qui fait s’ouvrir et se fermer les fleurs et voler de fleurs en fleur les colibris…Vous êtes cette force qui anime le vent et qui respire dans votre corps. L’univers tout entier est un être vivant animé par cette force- et c’est cela que vous êtes. Vous êtes La Vie.

Don Miguel Ruiz, La maîtrise de l’amour, page 112

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  • Fruits de la rencontres avec tous les êtres

…Si vous décidez de travailler vos perceptions extrasensorielles lors de ballades à la rencontre des esprits de la nature, vous remarquerez vite que l’idée de la solitude est assez vaine. Même en vous retirant du monde et en devenant un ermite, vous serez toujours accompagné par des esprits. vous serez encore plus entouré si le but de votre retraite est de vouloir cheminer vers une plus grande spiritualité !…

Joëlle Chautems et Mathieu Bressoud, Guide des lieux enchantés de Suisse romande

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Objets inanimés, avez-vous donc une âme
Qui s’attache à notre âme et la force d’aimer ?…

Alphonse de Lamartine

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La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
– Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l’expansion des choses infinies,
Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens
Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.

Charles Baudelaire, Correspondances

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Lac de Gruyère, entre Corbières et Motelon

Lac de Gruyère, entre Corbières et Motelon

Inter-Être ou l’interdépendance de tous les phénomènes

Si vous êtes poète, vous verrez clairement un nuage flotter dans cette feuille de papier. Sans nuage, il n’y aurait pas de pluie; sans pluie, les arbres ne pousseraient pas ; et sans arbre, nous ne pourrions pas faire de papier. Le nuage est essentiel pour que le papier soit ici devant nous. Sans le nuage, pas de feuille de papier. Ainsi, il est possible de dire que le nuage et la feuille de papier “inter-sont”. Le mot “inter-être” ne figure pas encore dans le dictionnaire, mais en combinant le préfixe “inter” et le verbe “être”, nous obtenons un nouveau verbe, inter-être. Sans nuage, nous n’aurions pas de papier ; nous pouvons donc dire que le nuage et la feuille de papier inter-sont.
En regardant encore plus en profondeur dans cette feuille de papier, nous y voyons aussi le soleil. Sans soleil, la forêt ne pourrait pousser. En fait, rien ne pourrait pousser, nous ne pourrions nous développer. Par conséquent, nous percevons aussi la présence du soleil dans cette feuille de papier.

Le papier et le soleil inter-sont.

En continuant d’observer, nous découvrons également le bûcheron qui a coupé l’arbre et l’a amené à la fabrique de papier. Et nous voyons aussi le blé : nous savons que cet homme n’aurait pu vivre sans son pain quotidien. C’est pourquoi le blé qui a servi à la confection du pain dont s’est nourri le bûcheron, est présent dans cette feuille de papier. Et le père et la mère du bûcheron y sont également. Si nous observons de cette manière, nous remarquons que, sans tous ces éléments, cette feuille de papier ne pourrait exister.

En examinant encore plus profondément, nous y découvrons aussi notre présence.

Ce n’est pas difficile à voir : lorsque nous regardons cette feuille, celle-ci fait partie de notre perception. Votre esprit s’y trouve et le mien aussi. Par conséquent, nous pouvons dire que tout est présent dans cette feuille de papier. Il vous sera impossible de me montrer une seule chose qui n’y soit pas – le temps, l’espace, la terre, la pluie, les minéraux du sol, le soleil, le nuage, la rivière, la chaleur. . . Tout coexiste avec cette feuille de papier. Voilà pourquoi je pense que le mot “inter-être” devrait être dans le dictionnaire.

Etre, c’est inter-être”.
Vous ne pouvez pas “être” simplement par vous- même.
Vous devez forcément inter-être avec toutes les autres choses.

Cette feuille de papier est parce que tout le reste est. Supposez que nous essayions de retourner un seul de ces éléments à sa source. Supposez que nous renvoyions sa lumière au soleil. Pensez-vous que l’existence de cette feuille de papier soit alors possible ? Non, sans la lumière du soleil, rien ne peut exister. Si nous retournions la bûcheron à sa mère, nous n’aurions pas non plus de papier. Le fait est que cette feuille est uniquement constituée d’éléments “non-papier”, et que, si nous retournions ces éléments “non-papier” à leurs sources respectives, il n’y aurait alors plus de papier du tout. Sans ces éléments “non-papier”, tels que l’esprit, le bûcheron, la lumière du soleil, etc., il n’y a pas de papier. Aussi fine que soit cette feuille, elle contient en elle-même tout l’univers.”

Thich Nhat Hanh, Coeur de la Compréhension, édition du Village des Pruniers, pp. 7-10
, 

http://www.thich-nhat-hanh.fr/index.php/enseignements/inter-etre.html

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Les qualités de présence

Il serait intéressant et nécessaire de se poser la question des différents modes de présence de l’Être –Dieu avec nous, Emmanuel. Il est d’abord présent sous le mode du cosmos, dans la nature. Il y a le mode de présence du minéral – une pierre, c’est terriblement présent, et l’appréhension de la présence dans une pierre peut être un lieu d’illumination mystique. …

Dans le végétal, il y a un mode de présence tout aussi réel. À côté du « poids » de la présence minérale, il y a la présence d’une « orientation ». Ce qui étonne, dans le végétal, c’est l’orientation vers la lumière qui le nourrit et qui fonde ses racines. Je me souviens de cette pratique de méditation proposée par le père Séraphin au Mont Athos : après m’avoir demandé de prier comme une montagne, d’entrer dans la présence du minéral, il m’avait demandé de prier comme un coquelicot. Prier, méditer comme un coquelicot, c’est être d’abord une colonne vertébrale, la tige qui est reliée à la terre et qui monte irrésistiblement vers le ciel. …

Puis il y a la présence de l’Être dans le monde animal. J’ai pas mal d’amis « bêtes ». Ce sont de vrais amis, des parents, des frères, des sœurs et il y a une différence de qualité de présence entre eux, le minéral et le végétal.  …..

Ce que je vais rencontrer chez l’être humain, c’est un autre mode de présence de l’Être ; l’homme est conscient de lui-même, il peut poser un acte et une estimation sur ce qu’il est en train de faire. Je ne crois pas que l’homme soit un singe nu et il est tout aussi ridicule de dire que l’animal est une plante qui aboie. Il y a une continuité, c’est toujours de la présence – la présence de l’Être –, mais avec un saut qualitatif, une nouvelle qualité de présence…

Les présences spirituelles

Prenons par exemple la qualité de présence d’un « chérubin » : dans notre conscience, c’est une qualité d’innocence, c’est pour cela que les artistes les ont représentés enfants avec des petites ailes. C’est une qualité d’innocence et de vision. Chez Carlos Castaneda et le sorcier yaqui qu’il put suivre pendant un temps, il est question de voir dans une qualité de présence, qui est une qualité de vision. On voit « ce qui est », avec innocence. Il n’y a plus de projection, plus de mental, même pas d’intelligence. Il y a une vision de ce qui est. Dans la Tradition, c’est ce qu’on appelle « l’expérience du chérubin de notre être», une présence de clarté, d’innocence, de simplicité. Être chérubin pendant quelques instants, cela simplifie la vie. On voit ce qui est. Rien de plus, rien de moins !

Il y a une autre qualité de présence qui nous visitera davantage au niveau du cœur, les séraphins. Dans la tradition hébraïque comme dans la tradition chrétienne, le séraphin, c’est « le brûlant ». Dans le cœur, il y a la présence d’une brûlure, d’une compassion, d’un amour infini à l’égard de tous les êtres….

Il y a la présence de Gabriel, le Messager. Une « information » nous est donnée, une nouvelle nous est annoncée ; on se demande d’où cela vient, mais on comprend qu’on est guidé. Et quand vos amis vous demandent : « Pourquoi es-tu es allé par ici plutôt que par là ? », alors on balbutie, on n’est plus dans le domaine des mots. Mais comme cela fait partie de l’expérience, certains mots peuvent en rendre compte : on peut « sentir » la présence de l’ange – je ne sais comment le dire autrement – qui nous a orienté dans telle ou telle direction…

Pour le thérapeute, il y a la présence de Raphaël qui veut dire « Dieu guérit ». L’Être se rend présent de façon guérissante, de façon thérapeutique. Raphaël n’est pas celui qui donne des médicaments, mais celui qui accompagne quelqu’un sur le chemin, qui va lui permettre de trouver ses propres remèdes. ….. Raphaël est une qualité de présence qui nous conduit vers la guérison, une guérison que l’on a à découvrir par soi- même. C’est celui qui nous accompagne dans notre chemin vers les profondeurs – et vers le fiel, quelquefois. C’est à partir de cette ombre acceptée, assumée que, peut-être, nous nous transformerons, nous retrouverons la vision, la vue.

Il y a aussi un mode de présence particulier pour chacun : « l’ange gardien » de la Tradition. Je pense à Gita Mallasz et au Dialogue avec l’ange. Pour elle, c’est bien l’ange gardien qui est, ici, très proche du maître intérieur. Cette qualité de présence va animer en nous ce que Jung a appellé le Soi. À l’intérieur du moi, il y a une image structurante, un lieu de pensée, de présence qui peut être animé par l’ange. Quand on fait appel à son ange, on fait appel à une qualité de conscience, d’intelligence, plus vaste que la nôtre. L’ange, c’est le meilleur du meilleur de soi-même.

L’ange positif, j’en ai parlé, mais il y a aussi l’ange négatif qui est pire que le pire de soi-même. Lorsqu’on parle de présence, on peut penser présence de lumière, présence d’une intelligence, présence de ce qui nous conduit vers une voie de guérison. Mais qui n’a pas été visité par des qualités de présence maléfique …

….

Qu’est-ce que la présence du Christ, de l’Emmanuel, du cristal, sinon cette présence de la lumière dans le charbon ? Qu’est-ce qu’un diamant, sinon un charbon qui a laissé entrer en lui un peu de lumière ? Qu’est-ce qu’un Christ, sinon quelqu’un qui a reçu l’onction, qui a reçu l’Esprit (Pneuma). Quelqu’un qui est habité par la présence même de la lumière créatrice et qui l’incarne. La Présence du Christ telle qu’en parle la Tradition, c’est « l’archétype de la synthèse ». C’est-à-dire que l’on peut sentir en nous – et c’est tout à fait différent de la présence angélique –, une présence qui active notre pouvoir de synthèse, synthèse entre le matériel et le spirituel, synthèse entre le créé et l’incréé, entre l’éternel et le temps. On est vraiment dans le monde de la présence qui introduit de l’éternité dans du temps ; c’est « l’Instant », l’instant éternel.

Jean-Yves Leloup, Deviens le coquelicot

http://misraim3.free.fr/divers/deviens_le_coquelicot.pdf

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  • Fruits de la rencontre avec soi-même

Dans la tradition judéo-chrétienne, Dieu lui-même se tient au plus intime du for intérieur –“Dans tes entrailles, Je suis Saint”, “le Royaume de Dieu est au dedans de vous”– et même au plus intime du corps : “ Ne savez vous pas que votre corps est le temple de Dieu?

Osée, 11.9, Luc 17.21 et 1 Corinthiens 6.19, cités dans Lytta Basset et autres, S’initier à l’accompagnement spirituel

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  • Fruits de la rencontre avec l’Autre

“Le Soi est recouvert par les cinq gaînes, elles-mêmes causées par le pouvoir d’ignorance… Connais le Soi, qui est distinct du corps et de toute forme, comme une tige d’herbe dans ses fourreaux foliacés… L’aspirant avisé doit s’appliquer à la discrimination (viveka) entre le Soi et le non-Soi. Les cinq gaines (sont) : nourriture, souffle vital, mental, intellect et béatitude). 1) Le corps grossier (annamaya-kosha) est créé de nourriture…, composé de peau, de sang, de chair, de graisse, de moëlle, d’excréments et d’urine… 2) Le corps vital de prāṇa (prānamaya-kosha) est le souffle vital avec les cinq organes d’action [les organes vocaux, les mains, les pieds, l’anus, les organes génitaux]… Ce n’est qu’une modification de l’air… 3) Le corps mental (manomaya-kosha) est constitué du mental avec les facultés de perception… Le mental est un grand tigre qui rôde, éperdu dans l’immense jungle des objets des sens… 4) L’intellect, avec les cinq facultés de perception, est le corps intellectif (vijñānamaya-kosha), et il est aussi la cause de l’esclavage pour l’Esprit. C’est une modification du Soi non-manifesté… 5) Le corps de béatitude (ānandamaya-kosha) n’est qu’une modification de l’ignorance sur laquelle le Suprême Soi est réfléchi, elle est expérimentée sans effort par tous dans une certaine mesure dans le sommeil profond… Pourtant, même cette gaine de béatitude ne peut être le Suprême Soi.”

Adi Shankara (VIIIe s.), Le plus beau fleuron de la discrimination (Viveka-chûdāmani)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Adi_Shankara

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Augustin s’adresse à Dieu : «  Tu étais dedans, mais moi, j’étais dehors ! » «  Tu étais toujours avec moi, mais moi, je n’étais pas avec Toi ! »

Ce qui éclate immédiatement dans cet aveu que chacun pourrait reprendre à son propre compte tant il est actuel et dépouillé de toute contingence, c’est ce passage du dehors au dedans. Augustin se désaliène du robot préfabriqué qu’il était jusque-là et qui était situé parmi les choses, simple objet au milieu d’autres objets.

Il est soudain jeté dans sa propre intimité, inexistante et inaccessible jusque-là, et elle éclot maintenant en lui d’un dialogue silencieux, d’un échange libérateur avec cette Présence qui l’attendait et était toujours déjà là.

Cette Présence plus intime à lui-même que le plus intime de lui-même, cette Présence s’oppose si peu à son autonomie qu’elle en est au contraire la clé, la révélation et l’unique garantie.

Aussi Augustin appellera-t-il cette Présence la Vie de sa vie : «Vivante sera désormais ma vie, toute pleine de Toi ! »

Paroles de Maurice Zundel, Un autre regard sur l’homme, page 175

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